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Arween
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MessageSujet: Engorgements   Mer 09 Aoû 2006, 14:09

Les engorgements sont souvent dus à une fréquence de tétées espacés, dues à de mauvais conseils (toutes les trois heures, etc...), voici quelques explications détaillés et médicales du Dr Marie Thirion

L’engorgement pathologique est très douloureux et souvent fébrile

Le tableau typique associe :
des seins très tendus, durs, plus ou moins rouges ;
des douleurs mammaires intenses ;
une fièvre à +38°.

L’engorgement pathologique doit être distingué de la congestion mammaire qui survient lors de la montée laiteuse vers le 3è jour de l’allaitement (même s’il est appelé “ engorgement ” par certains auteurs).

Physiopathologie de l’engorgement

Les mécanismes en jeu sont :
une stase alvéolaire du lait liée à une production lactée supérieure à la consommation ;
une congestion des vaisseaux sanguins ;
une insuffisance de la circulation lymphatique.

Il se forme un œdème interstitiel, donc une hyperpression dans la glande, qui va bloquer la circulation sanguine et lymphatique, ainsi que l’écoulement du lait dans les canaux : c’est le véritable engorgement.

Il en résulte des phénomènes inflammatoires locaux et généraux.

De plus, le réflexe d’éjection du lait est très diminué :
la douleur ressentie par la mère inhibe la sécrétion d’ocytocine par l’hypophyse ;
l’effet de l’ocytocine sur les cellules myo-épithéliales distendues est très faible.

Le risque d’engorgement est plus élevé dans le 1er mois

Dans le 1er mois, la congestion vasculaire d’origine hormonale et l’augmentation de production lactée peuvent conduire à l’engorgement si les tétées ne sont pas suffisamment fréquentes et efficaces.
Passé ce délai, l’engorgement est beaucoup plus rare, car il n’y a plus les importantes variations hormonales du début.

Les facteurs de risque sont :

l’espacement des tétées, par exemple en raison d’une nuit prolongée du bébé ou d’une séparation de l’enfant et de sa mère, si celle-ci ne pense pas à exprimer un peu de lait de ses seins ;
l’arrêt brutal de l’allaitement ;
le stress de la mère, qui fait obstacle au déclenchement du réflexe ocytocique et peut être source à lui seul d’un engorgement permanent
“ a minima ”.

La prévention repose sur des tétées fréquentes et le massage aréolaire

Les tétées doivent être fréquentes et efficaces, dès la naissance.

La mère aura recours au massage aréolaire ou au tire-lait dès qu’elle sentira ses aréoles et/ou ses seins un peu tendus et que le bébé ne peut ou ne veut pas téter.

Tout ce qui lui permet d’être plus détendue participe aussi à la prévention de l’engorgement

Le traitement doit agir sur les différents éléments physiopathologiques

Ses objectifs vont donc être de :
calmer la douleur ;
résorber l’œdème ;
lutter contre les phénomènes inflammatoires ;
lever l’inhibition ocytocique et relancer le réflexe d’éjection.

Le seul traitement efficace : arriver à faire couler le lait

C'est le bébé qui y parvient le mieux, il faut le mettre au sein dès qu'il est éveillé, aussi souvent que possible.
L’expression manuelle ou le tire-lait sont utiles si le bébé n’est pas prêt à téter ou s’il n’a pas tété suffisamment.

Les mesures utiles pour améliorer la réussite du traitement :
la prise d’anti-inflammatoires généraux (ibuprofen, diclofénac ou kétoprofène) : ils passent peu dans le lait et sont efficaces sur l’inflammation et la douleur ; les donner de préférence après les tétées ;
vous pouvez mettre votre sein dans un bol d'eau très chaude, les canaux vont se dilater et faciliter l'écoulement, en position de la louve (à quatre pattes sur bébé) vous donnerez le sein, se sera plus facile pour attraper le sein pour bébé, et vous de lui donner (faite le très souvent)
tout ce qui peut détendre la mère et la rassurer pour rétablir le réflexe ocytocique: douche tiède, relaxation, yoga….
si la douleur est importante rajouter un antalgique (paracétamol ) avant la tétée ;
le massage aréolaire très doux pour assouplir les aréoles et calmer leur extrême sensibilité avant de déclencher le flux d’éjection ;
en cas d'engorgement majeur, l’administration d'ocytocine par voie intramusculaire ou sublinguale est parfois recommandée, juste avant une tétée ou une extraction du lait par tire lait ou massage. Ce traitement n'a pas fait l'objet d’une évaluation précise.
L’application d’un gant froid ou d’une poche de glace pilée sur les seins diminue aussi l'œdème et la congestion vasculaire !

Elle peut être conseillée entre les tétées en cas de phénomènes inflammatoires importants, à condition d’être bien supportée.
Les autres traitements anti-inflammatoires locaux n’ont pas été rigoureusement évalués.

Mise en garde
En cas d’engorgement, il faut bannir :
la restriction hydrique ;
la prise de diurétiques ;
le bandage serré des seins.

Ces mesures, faussement thérapeutiques, sont douloureuses, et parfois dangereuses !

Le traitement doit agir sur les différents éléments physiopathologiques

Pour assouplir l'aréole, il faut faire couler doucement le lait des sinus lactifères par une pression douce.
Pour favoriser le drainage, on conseillera parfois des tétées en position :
“ sous le bras ” (ballon de rugby) ;
la louve (sur bébé à quatre patte)
verticale: la mère penchée au-dessus de son bébé.

L'idéal: faire couler le lait un peu, mais très souvent
Dès que le lait coule, la douleur s'estompe. La mère alors cherche à obtenir juste un bon confort au niveau de ses seins sans aller jusqu'au bout du flux d'éjection.

Elle renouvelle ensuite cet écoulement plusieurs fois sur un temps court : trois ou quatre fois à une heure d'intervalle par exemple.

Il est inutile d'aller jusqu'à l'arrêt du flux, car cela risquerait d'augmenter la synthèse du lait, donc le risque congestif.

Auteur : Dr Marie Thirion



Remède naturel, les feuilles de choux

Les feuilles de choux en cas d'engorgement
Les engorgements sévères du 3 ème ou 4 ème jour post-partum peuvent généralement être prévenus en veillant à ce que le bébé prenne correctement le sein et tète efficacement dès le début. Si néanmoins vous souffrez d'un engorgement, sachez qu'il diminuera en un ou deux jours même sans traitement. Continuez à allaiter votre bébé en vous assurant qu'il est correctement positionné et qu'il tète convenablement. Toutefois, si l'engorgement provoque un inconfort important, les feuilles de choux semblent apporter un soulagement plus rapide que les applications de glace ou tout autre traitement. Si le bébé est incapable de prendre le sein, commencez à appliquer les feuilles de choux, puis exprimez votre lait et donnez ce lait à votre bébé à la cuillère, à la tasse, au doigt, au compte-gouttes et cherchez de l'aide rapidement.

1. Utilisez du choux vert.

2. Aplatissez les feuilles de choux à l'aide d'un rouleau à pâtisserie, si elles n'épousent pas la forme de votre sein.

3. Enveloppez le sein des feuilles de choux et laissez agir : une vingtaine de minutes deux fois par jour suffisent. Habituellement, le traitement est à faire deux à trois fois, voire moins. Certains recommandent d’appliquer des feuilles de chou après chaque tétée et de les laisser en place jusqu’à ce qu’elles ramollissent. Certains craignent qu’un usage si fréquent et prolongé puisse réduire la production lactée.

4. Arrêtez dès que l'engorgement commence à se résorber et que l'inconfort est soulagé.

5. Vous pouvez utiliser du paracétamol (Doliprane® ou autres) avec ou sans codéine, de l’ibuprofène, ou un autre analgésique. Comme avec la plupart des médicaments, il n'est pas nécessaire d'arrêter l'allaitement en cas de prise d'analgésique.

6. Les enveloppements de glace peuvent aussi être utiles.

7. Si vous êtes de ces femmes qui ont des bosses sous l'aisselle 3-4 jours après la naissance, vous pouvez tout aussi bien appliquer des feuilles de choux à cet endroit

Le chou vert gagne encore plus de propriété anti inflammatoire si on le blanchit juste avant et que l'on pose les feuilles encore chaudes (pas brulantes) sur les seins.

Par contre je dirai attention à l'utilisation de la codéine car quelques prises peuvent amenées bébé à une sorte de manque (passage dans le lait). Je dirais donc de privilégier le paracétamol ou même l'ibuprofène (qui par contre la quantité qui passe dans le lait est plus que minuscule car c'est une molécule qui est "trop" grosse). - auteur Perle
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