Arween Grand Chef Arween


 Age : 32 Inscrit le : 18 Avr 2005 Messages : 7022 Localisation : Entre orlando et milo L'humeur du jour : Vous avez demandé Dr House?? Ne quittez pas!!!
| Sujet: Alcool & Cigarette 20/08/06, 10:22 pm | |
| La cigarette
Le bébé allaité par une mère fumeuse est exposé à la nicotine qui passe dans le lait
La nicotine absorbée par l’organisme maternel est retrouvée dans le lait. Sa concentration dépend :
du nombre de cigarettes fumées ;
de la manière de fumer, avec ou sans inhalation ;
du temps écoulé entre la dernière cigarette et la tétée. A doses faibles, la nicotine du lait peut induire une agitation chez le nourrisson.
Il a également été montré que les coliques sont deux fois plus fréquentes chez le bébé de mère fumeuse.
À concentration élevée, la nicotine du lait peut entraîner l’apparition de véritables signes “ d’intoxication ” chez l’enfant :
tachycardie, pâleur ;
vomissements, diarrhée ;
hyper-agitation ou somnolence.
Cinétique de la nicotine Après inhalation, le pic sanguin de nicotine est atteint en 5 à 10 minutes. Dans le lait, la demi-vie de la nicotine est de 60 à 90 minutes. Cela signifie qu'il faut près de 8 heures pour qu'elle soit totalement éliminée.
La consommation maternelle de tabac a un impact négatif sur la lactation
La nicotine :
entraîne une diminution du taux de base de la prolactine, sans modification des pics au moment des tétées ;
inhibe l’effet de l’ocytocine, par décharge d'adrénaline, ce qui diminue le réflexe d’éjection du lait au moment des tétées.
Le volume de lait produit est significativement plus faible.
Le bébé est aussi exposé aux effets nocifs du tabagisme passif
On retrouve des taux élevés des métabolites de la nicotine dans les urines des nourris au biberon dans un environnement de fumeurs.
La fumée de l’air ambiant est plus dangereuse pour le bébé que la nicotine qu’il absorbe avec le lait maternel ; le tabagisme passif augmente :
le risque de maladies ORL et broncho-pulmonaires, notamment d’infections, de bronchiolites et d’asthme ;
le risque de mort subite.
Tabagisme passif : il n’y a pas que la mère, il y a aussi l’entourage Comme la mère, l’entourage a lui aussi besoin d’être conseillé ! Il est utile de l’informer sur les conséquences du tabagisme passif pour le bébé et sur les principales mesures à respecter pour le protéger. L’idéal est d’aider à l’arrêt du tabac
L’allaitement crée un contexte favorable à cette démarche ; la mère bénéficie en effet :
de l’effet apaisant des hormones de la lactation ;
de l’épanouissement que lui procure la relation avec son enfant.
Pour l’arrêt du tabac, la mère doit être soutenue, et non pas culpabilisée
Il convient pour cela :
de l’informer sur les conséquences du tabagisme ;
de reconnaître la difficulté du sevrage ;
de valoriser ses capacités.
Si le sevrage n’est pas envisageable, mieux vaut allaiter que de ne pas allaiter
L'Académie Américaine de Pédiatrie considère qu’il est possible que “ tabagisme et allaitement sont moins délétères que tabagisme et allaitement au lait artificiel ”.
En effet :
le bébé d’une mère fumeuse peut avoir souffert in utero d’une insuffisance placentaire : il a dans ce cas particulièrement besoin du lait maternel, pour ses qualités nutritionnelles et sa richesse en facteurs de croissance et de défense anti-infectieuse ;
le bébé d’une mère fumeuse non allaité peut présenter très rapidement après la naissance des manifestations de sevrage (agitation et pleurs) ;
les coliques et les maladies respiratoires sont moins fréquentes chez les enfants de mères fumeuses allaités que chez ceux nourris au lait artificiel ;
le lait maternel aide le bébé à combattre les risques infectieux liés à l’exposition tabagique ;
l’allaitement diminue le risque de mort subite induit par le tabac.
Plusieurs conseils sont à suivre pour atténuer les effets nocifs du tabac
Fumer après les tétées ou attendre au moins une ou deux heures après avoir fumé pour mettre l’enfant au sein ;
Ne jamais fumer en présence de l’enfant ;
Fumer à l'extérieur de la maison ;
Aérer systématiquement les pièces dans lesquelles des personnes ont fumé ;
Ne pas fumer dans un espace confiné, notamment en voiture ;
Eviter d’inhaler profondément la fumée ;
Diminuer au maximum le nombre de cigarettes quotidiennes.
       
L'alcool
L’alcool passe dans le lait maternel
Le pic d’alcool est atteint dans le lait 30 minutes à 1 heure après l’ingestion. La concentration diminue ensuite progressivement, parallèlement au taux sérique, et s’annule au bout d’environ 4 heures.
La consommation d’alcool rend l’allaitement moins efficace
L’alcool diminue de façon dose-dépendante le réflexe d’éjection du lait. Il modifie aussi la saveur du lait, qui reste “ alcoolisé ” pendant une durée de 4 heures après l’ingestion. Pour ces raisons, le bébé tète moins de lait dans les 4 heures qui suivent une prise d’alcool par sa mère. Néanmoins, si elle ne reprend pas de boisson alcoolisée, il se rattrapera dans les 8 à 16 heures qui suivent, en augmentant spontanément sa ration.
La consommation d’alcool est néfaste pour le bébé
Elle peut altérer son sommeil. Lorsque la tétée a lieu 1 heure après ingestion d’alcool par la mère, le temps de sommeil des diminue.
Elle peut entraîner une intoxication alcoolique aiguë. Les signes d’une telle intoxication sont une somnolence, une hypotension et une dépression respiratoire.
Elle peut entraver le développement psychomoteur si l’enfant est soumis à une exposition chronique. Cet effet n’est cependant pas formellement démontré.
Pourquoi bébé est-il si sensible à l’alcool ? Parce qu’il le métabolise mal ! Dans la 1ère année de vie, l’activité de l’alcool déshydrogénase de son foie est en effet inférieure de 50 % à celle de l’adulte.
Pendant l’allaitement, le mieux est de s’abstenir de consommer de l’alcool
À défaut d’une abstinence complète, une consommation modérée, par exemple de un à deux verres lors d’activités sociales, n’est pas contre-indiquée ; il est alors souhaitable :
de donner le sein avant consommation plutôt qu’après ;
de laisser passer au moins 2 heures avant une nouvelle tétée ;
et de ne pas transformer ce qui doit rester exceptionnel en habitude…
Auteur : Dr Marie Thirion |
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